Impact sanitaire de la pollution
Laurent Filleul, Laboratoire Santé Travail Environnement
C'est au cours d'épisodes aigus de pollution atmosphérique (vallée de la Meuse 1930, Donora 1948 et le plus célèbre d'entre eux, Londres en 1952) que l'on a pris conscience des effets nocifs sur la santé que pouvait avoir une détérioration de la qualité de l'air.
Ainsi, à Londres durant 15 jours, des niveaux élevés de dioxyde de soufre (SO2) et de particules provenant de la combustion industrielle et domestique de combustibles fossiles ont été associés à une surmortalité de plus de 4 000 décès, principalement chez les personnes ayant des maladies respiratoires et des antécédents cardiaques (1). Plus de 80 % de ces décès concernaient des causes cardio-respiratoires et 70 % des décès touchaient des personnes âgées de 65 ans et plus. Suite à ces accidents, la réglementation a évolué et les travaux épidémiologiques portant sur la pollution atmosphérique se sont développés. L'impact que peut avoir l'environnement sur la santé est difficile à étudier. En effet, les expositions sont le plus souvent faibles et multiples, n'entraînant pratiquement pas de pathologies spécifiques mais des effets chroniques retardés.
Cependant, si le risque sanitaire individuel est faible, du fait de la fréquence de l'exposition le risque collectif est fort et représente donc un problème de santé publique.
En raison de ces difficultés, il est donc nécessaire d'avoir une démarche pluridisciplinaire pour étudier l'impact sur la santé de la pollution atmosphérique. Ainsi, quatre approches complémentaires peuvent apporter des connaissances dans ce domaine :
- La métrologie, qui permet de mieux connaître en terme qualitatif et quantitatif la pollution atmosphérique,
- La toxicologie pour améliorer les connaissances sur les mécanismes d'action des différents polluants,
- La médecine clinique pour mieux cerner les effets sur la santé des individus,

