L'impact sanitaire de la pollution atmosphérique
En matière de connaissance de l'impact à court terme de la pollution atmosphérique sur la santé, des progrès importants ont été réalisés ces dernières années, notamment à l'initiative de l'Etat, grâce à des études et programmes de recherche. Un véritable système de surveillance sanitaire sur les effets à court terme de la pollution atmosphérique a été mis en place, progressivement, depuis 1989.

Cette surveillance épidémiologique a commencé en France en 1989 avec l'étude ERPURS (Evaluation des risques de la pollution urbaine sur la santé), dont les résultats ont été largement médiatisés. Le ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement et le secrétariat d'Etat à la santé et à l'action sociale ont plus récemment confié à l'Institut de veille sanitaire une analyse des relations entre des indicateurs de pollution atmosphérique et des données de mortalité hospitalière.

Cette étude a été réalisée entre mars 1997 et mars 1999 dans neuf agglomérations françaises : Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Rouen, Strasbourg et Toulouse auxquelles s'est joint Paris. L'Institut de veille sanitaire poursuit son travail jusqu'à fin juin 2001 pour la deuxième phase du projet avec le soutien du ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement.

Les résultats de la première phase d'étude, rendus publics en avril 1999, sont homogènes entre eux et concordent avec ceux de l'étude ERPURS et avec ceux d'études européennes équivalentes. Ils montrent également l'existence d'une relation à court terme entre la pollution atmosphérique et la mortalité respiratoire et cardio-vasculaire. Bien que limités à la quantification de l'impact de la pollution atmosphérique sur la mortalité, ces résultats justifient la poursuite des politiques entreprises pour réduire les niveaux d'exposition des populations à la pollution atmosphérique afin de prévenir les risques sanitaires associés.

En matière d'évaluation de l'impact à long terme de la pollution atmosphérique, l'étude présentée en juin 1999 lors de la conférence de l'Organisation mondiale de la santé et publiée fin août 2000 dans le " LANCET " sur l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique a repris en partie ces conclusions.

Cette étude porte sur trois pays européens et a été cofinancée par le Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire via l'ADEME, le ministère fédéral de l'environnement et l'Agence de l'environnement pour l'Autriche, le Département fédéral de l'environnement pour la Suisse. Elle a pour objectif d'estimer les coûts pour la santé humaine liés à la pollution atmosphérique.

Ses hypothèses et sa méthodologie sont encore largement débattues par les experts. Elle a néanmoins le mérite de faire avancer le débat et elle représente une étape intéressante dans la connaissance du risque à long terme des effets sur la santé de la pollution atmosphérique, sans apporter de conclusion définitive aux questions soulevées. En effet, les résultats ne découlent pas d'une mesure des effets sanitaires (comme c'est le cas dans les études épidémiologiques) mais d'une modélisation complexe (évaluation quantitative du risque). Cette méthode utilise les connaissances épidémiologiques sur le suivi de populations à long terme mené aux Etats Unis, en établissant des relations exposition/réponse, et essaie de les appliquer aux populations des trois pays étudiés, en fonction de l'exposition " calculée ". Ces résultats mériteront certainement d'être réajustés à l'avenir, en fonction de l'accumulation des données.

Enfin, le programme de recherche PRIMEQUAL- PREDIT a dès sa mise en œuvre en 1995, mis l'accent sur la nécessité d'approfondir les connaissances sur l'exposition de la population aux polluants atmosphériques et la compréhension et l'évaluation des risques sanitaires. Les recherches épidémiologiques et expérimentales concernant les effets à court terme vont toutes dans le même sens : la pollution atmosphérique particulaire et oxydante est associée à la recrudescence des pathologies respiratoires et en particulier des crises d'asthme.

Source :
Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'environnement - Mai 2001


Organisation Mondiale de la Santé - Air quality management
Valeurs de références de l'OMS en matière de qualité de l'air ambiant.

Les effets sur la santé de la pollution atmosphérique - Aspects épidémiologiques
Laurent Filleul, Laboratoire Santé Travail Environnement