Air intérieur

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Contexte et acteurs du projet

Nous passons la majeure partie de notre temps (de 70 à 90 %, même plus pour certaines populations sensibles comme les jeunes enfants et les personnes âgées) dans des lieux clos (chez soi, au travail, dans des lieux destinés à recevoir le public ou dans sa voiture et autres moyens de transport) et nous respirons ainsi divers polluants.

La pollution de l'air intérieur a, jusqu'alors, été moins considérée que la pollution de l'air extérieur, pour laquelle de nombreux textes réglementaires existent. L’air intérieur faisant référence à la sphère privée, les études sont plus difficiles à mener.

Récemment la qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments est devenue une préoccupation sanitaire majeure, au même titre que l’est la qualité de l’air extérieur. En effet, de par le temps passé à l'intérieur de locaux, nous sommes exposés à de nombreuses situations de pollution, en raison des nombreux agents physiques et contaminants chimiques ou microbiologiques, liés aux bâtiments, aux équipements, à l’environnement extérieur immédiat et au comportement des occupants. C'est pourquoi, en 2001, les pouvoirs publics créent l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI).

Mis en oeuvre par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), cet observatoire a pour vocation de dresser un état des lieux des expositions aux polluants de l’air observés dans les lieux de vies et d’en établir les déterminants, afin d’apporter les informations nécessaires à l’évaluation et à la gestion des éventuels risques. Une étude pilote s'est déroulée en 2001, suivie par une campagne nationale en 2003-2005 et a confirmé les lacunes concernant l’existence de valeurs guides permettant d’asseoir une réglementation dans ce domaine. En effet, alors qu’il existe des valeurs guides pour la qualité de l’air extérieur (OMS, Air Quality Guidelines for Europe, 2000) ainsi qu’un ensemble de valeurs limites à caractère réglementaire ce n’est pas le cas pour la qualité de l’air intérieur, du moins en France. Il est alors difficile d’apprécier les niveaux de concentrations mesurés dans les environnements clos et d’instaurer des mesures de réduction des immissions proportionnées au risque potentiel encouru.

Cette volonté d’approfondissement des connaissances dans ce domaine s’inscrit également dans le cadre du Plan national santé environnement (PNSE). En effet, l’une des douze actions prioritaires visant à répondre à l’un des trois objectifs majeurs du plan, « garantir un air et une eau de bonne qualité », est de « mieux connaître les déterminants de la qualité de l’air intérieur ». Ce travail s’articulera également avec le Plan cancer pour lequel l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (Afsset) doit contribuer à caractériser l’exposition de la population à des substances cancérogènes et procéder à une analyse critique des valeurs toxicologiques de référence (VTR) associées. Enfin, la volonté de l’Afsset est également motivée par ses besoins de connaissance des déterminants et des niveaux de pollutions de l’air intérieur dans le cadre d’autres projets menés par ailleurs au sein de l’agence et de réponse à différentes saisines.

(source www.afsset.fr)